29.09.2008

In love with Bath

Première constatation en arrivant à Bath (et qui s’est confirmée au fil des jours): je vivrais bien ici! Pourquoi? Voyons, par où commencer… Bien entendu, le nom lui-même de la ville donne le premier indice. Bath n’a pas été baptisée ainsi pour rien. Sa source d’eau chaude intéressait déjà les Celtes et les Romains, ils ont même construit un temple en son honneur. Les bains fréquentés à l’époque peuvent encore être admirés aujourd’hui. Mais pour profiter des nombreux bienfaits de cette eau sacrée, le visiteur du XXIème siècle se rendra dans le nouveau spa dernier cri et bénéficiera en outre d’un des nombreux soins proposés. Testé et approuvé!

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la ville dégage quant à elle un charme tout particulier. La couleur caractéristique de ses bâtiments, une pierre jaune de la région, la distingue de ses sœurs anglaises. Son architecture évoque davantage les villes italiennes, ne serait-ce que le Pulteney Bridge, portrait presque craché du Ponte Vecchio de Florence. Rappelons que Bath fut quasiment reconstruite au XVIIIème siècle, histoire d’attirer les foules. Les architectes mandatés décidèrent d’adopter un style renaissance, à la mode à l’époque. Le succès était au rendez-vous. La ville devint une station thermale très prisés des notables du pays. A l’époque de Jane Austen et des ses héroïnes (encore elles!), il était de bon ton de venir à Bath pour passer la saison et bien entendu profiter des bains. Bien des lieux témoignent encore aujourd’hui de cette fastueuse période…

Enfin, la ville regorge de petits magasins de toute sorte, où l’on se perdrait volontiers, de restaurants, de bistrots, de parcs où bouquiner… Tout pour plaire, vraiment! Sans oublier la rivière Avon, sur laquelle Marine et moi avons flâné une heure durant… (Ginger est très jalouse.)

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Bientôt la fin de mon voyage… Mais avant de traverser – à regret – la Manche, une petite halte d’une nuit est prévue à Oxford aujourd’hui. Puis je passerai les derniers jours à Canterbury. J’espère que j’aurai encore l’occasion d’ajouter au moins une note et quelques photos sur ce blog.

26.09.2008

Petit cours d'histoire en images

Mercredi matin, j’ai quitté ce cher Hampshire, emportant avec moi une foule d’images, de souvenirs, d’impressions… Direction: Bath. Mais avant d’arriver à cette historique – et littéraire! – station thermale, petite halte d’une nuit à Salisbury.

Premier attrait de la région: Stonehenge. Ces célèbres pierres dressées, vieilles de 3500 ans, dont on ignore encore aujourd’hui la signification. Même si le site côtoie plusieurs routes, même si une horde de touristes y afflue continuellement, il s’en dégage une atmosphère presque mystique. Jugez par vous-même:

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La fine pluie qui tombait ce jour-là, et le bruit de vent (la photo suivante le prouve!) soufflant sur la plaine, contribuaient peut-être à créer cette aura. De même que les corbeaux qui se juchaient sur les pierres.

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Deuxième attrait de la région: Old Sarum. Avant de s’appeler Salisbury, la ville se nommait Sarum, et se situait à trois kilomètres au nord, au sommet d’une colline. Un emplacement judicieux pour guetter l’arrivée de l’ennemi. Les Normands se sont d’ailleurs contentés de construire leur château sur les vestiges d’une forteresse de l’âge de fer…

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Sur cette photo, vous pouvez voir les fondations de l’ancienne cathédrale. Suite à une dispute avec le roi, les évêques ont décidé de déplacer leur lieu sacré en bas de la colline. Une ville s’est ensuite construite autour de cette nouvelle cathédrale: New Sarum, ou Salisbury. Old Sarum a peu à peu perdu de son prestige, avant d’être laissé à l’abandon. Aujourd’hui, il ne reste plus que des ruines, mais l’atmosphère de lieu demeure chargée d’histoire.

Troisième attrait de la région: cette «nouvelle» cathédrale, construite au XIIIème siècle et connu surtout pour sa pointe qui, à l’époque, était la plus haute du pays.

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Une visite guidée m’a d’ailleurs permis de monter à la base de cette pointe et surtout d’admirer les charpentes du bâtiment. Impressionnant de se dire que ces poutres de bois ont près de mille ans! Après avoir grimpé péniblement quelque 500 marches, la récompense: la vue sublime sur la ville.

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Voilà pour ma visite éclair de Salisbury. Ah, j’oubliais! Des nouvelles de Ginger et Marine: Marine a bien entendu visité la ville avec moi, mais, ayant peur du vide, elle a préféré attendre que je gravisse seule la tour de la cathédrale, sagement installée dans un casier. Quant à Ginger, elle a passé sa journée… dans un pub près de la gare! Je ne préfère pas vous dire l’état dans lequel je l’ai retrouvée… Enfin, voilà une photo des deux sur le quai de la gare à Salisbury, en attendant le train pour Bath.

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23.09.2008

Looking for Jane... again!

Deux nouveaux épisodes de mes aventures austiniennes! Hier, après avoir essayé de prendre un bus qui m’amènerait directement à Steventon… et avoir attendu en vain (je n’ai toujours pas compris, il n’y a pourtant qu’un arrêt de bus à la gare), j’ai opté pour une autre solution, tout aussi agréable: me rendre d’abord à Deane, un petit village des environs, et marcher jusqu’à Steventon, en coupant à travers champs. Voilà une bonne manière de me familiariser avec les paysages connus de Jane Austen. Une occasion supplémentaire de me plonger dans son monde et dans celui de ses héroïnes. Car si elle a attendu d’être à Chawton pour publier ses romans, elle avait écrit la première version de Raison et sentiments et Orgueil et préjugés alors qu’elle vivait encore à Steventon. Est-ce dans cette campagne qu’elle a imaginé la longue marche d’Elizabeth de Longbourn à Netherfield pour se rendre au chevet de sa sœur malade? Serait-ce la colline où Marianne se foule la cheville avant d’être «sauvée» par Willoughby? (Désolée, ces références sont réservées à ceux qui ont lu les romans… Les autres, à vos bouquins!)
Enfin, je me retrouve à Steventon et me dirige vers l’église dans laquelle officiait le père de Jane. Une petite église de campagne, près d’un imposant if, vieux de plus de 1000 ans. Les pasteurs avaient pris l’habitude de cacher la clé de la bâtisse dans un creux de l’arbre: elle a malheureusement disparu il y a quelques années.
A l’intérieur de l’église, le silence est de mise. Par respect, si ce n’est pour le seigneur des lieux, pour le Dieu de la littérature, qui a accueilli en ces murs l’un des écrivains les plus connus de sa génération. Une auteure qui continue aujourd’hui de déclencher des passions. L’église est charmante au demeurant. Petite, paisible, traversée par les rayons du soleil.
Plus loin, à quelques centaines de mètres, le champ où se trouvait le presbytère de la famille Austen. Du bâtiment, plus rien ne demeure. Seul un tilleul, planté à l’époque par l’un des frères de Jane, témoigne de son passage ici. Le petit village de Steventon, quant à lui, n’a pas beaucoup évolué depuis le 19ème siècle. Quelques cottages, beaucoup de champs.

Aujourd’hui, ma balade au pays de Jane Austen a dépassé mes attentes. Non seulement je me suis retrouvée au 19ème siècle, mais j’ai également rendu une petite visite à Henry VIII (oui, celui qui a fait exécuter la plupart de ses épouses…) et à Elizabeth Ière. La maison que j’ai visitée, The Vyne, a en effet accueilli en son temps rois et reines, lorsqu’elle appartenait à un gentilhomme de la cour. Avant de tomber entre les mains, quelques siècles plus tard, d’une famille proche des Austen. Jane s’est donc souvent rendue ici. On prétend même que la fille adoptive du propriétaire lui aurait inspiré le personnage principal de son roman Mansfield Park. Moi-même, en arpentant les chemins qui mènent à la maison, en admirant le parc, le lac, les bois à l’horizon, je ne peux m’empêcher de me prendre pour Elizabeth Bennet lors de sa première visite à Pemberley (encore une référence à un roman, désolée…). Lost in Austen… C’est le titre d’une nouvelle série qui passe actuellement sur les chaines anglaises et qui raconte l’histoire d’une fille de notre époque projetée dans Orgueil et préjugés. Voilà tout à fait mon sentiment en ce moment: lost in Austen…

(Des nouvelles photos à découvrir dans l'album Looking for Jane...)

20.09.2008

Back to the future

Certes, j’envisageais ce voyage en Angleterre comme une balade dans le temps, mais je ne m’attendais pas à me retrouver dans le futur! C’est pourtant l’impression que j’ai eue ce matin en débarquant à Basingstoke, l’une des villes les plus importantes du Hampshire (et située à moins d’une heure de Steventon, village natal de Jane Austen, pour ceux qui n’auraient pas suivi…). Des hauts buildings, des tours vitrées, des ponts suspendus: aurais-je été transportée dans un mauvais film d’anticipation des années trente? Ce quartier ressemble effectivement à l’image que devaient se faire nos arrières grands-parents des villes de l’an 2000. Ne manquent plus que les voitures volantes et le nuage noir de pollution.
En fait, Basingstoke est une bien curieuse cité. Le voyageur qui sort de la gare tombe nez-à-nez avec un immense centre commercial, digne des malls américains. Le message qui le surplombe est clair: «Welcome to the Malls and Basingstoke». Comme si les deux se confondaient. Comme si la ville ne se réduisait qu’à cet énorme magasin. Les panneaux qui guident le visiteur ne parlent d’ailleurs pas de «city centre», mais de «central area».
Après avoir traversé ce dédale du Dieu consommation, fort peuplé, on arrive tout de même à la vieille ville, qui ne se réduit plus qu’à quelques rues. Le contraste est frappant: ce quartier a conservé tout son charme d’antan. Plusieurs grandes avenues entourent cette étrange juxtaposition,  puis laissent la place à des zones résidentielles. Le centre commercial constitue bien le cœur de la cité. Je suis très intriguée…

19.09.2008

Looking for Jane

Qu’est-il advenu, vous demandez-vous peut-être, de la raison première de ma venue dans le Hampshire, à savoir Jane Austen et ses liens si étroits avec ce comté? Eh bien, j’attendais tout simplement d’arriver ici, dans les environs de Chawton, avant d’en parler… Ici, où elle a vécu les dernières années de sa vie, où elle a écrit ou adapté la plupart de ses romans, où son ancienne maison est aujourd’hui transformée en musée. Jusqu’à maintenant, je n’ai trouvé sur mon chemin que bien peu d’éléments témoignant de sa présence dans la région. A Southampton, quelques plaques commémoratives signalent les lieux qu’elle a fréquentés. Sa maison n’existe malheureusement plus, les bains où elle se rendait – sur une lubie princière, ce port fut un jour station thermale – ont disparu, les rues pavées qu’elle arpentait avec sa famille ont été recouvertes de goudron. Seuls le Dolphin Hotel, où l’un de ses frères l’a amenée danser pour ses 18 ans, et l’église Ste Mary, où le baptême de sa filleule a été célébré, sont encore sur pied.
De même que, à Winchester, l’appartement qu’elle a occupé les semaines précédant sa mort, alors qu’elle souffrait d’une maladie qui divise encore les spécialistes. Elle s’était rendue dans l’ancienne capitale dans l’espoir d’y recevoir des soins… En vain. Et pour le visiteur d’aujourd’hui, avide de connections «austinniennes», impossible de pénétrer dans ce lieu où elle a rendu son dernier souffle, dans les bras de sa sœur bien aimée Cassandra: il appartient aujourd’hui à des particuliers. Dans la cathédrale, une pierre tombale rappelle simplement qu’elle y a été enterrée. Dans une ville comme dans l’autre, une bonne dose d’imagination est nécessaire pour se représenter la romancière.
Dans le petit village de Chawton, en revanche, la modeste demeure, offerte par son frère Edward – il avait été adopté par une riche famille de la région – et où elle vivait avec sa mère et sa sœur, permet de s’immerger dans son monde. Aucune peine à se l’imaginer en train de jouer sur ce piano, de préparer le thé pour sa famille dans ce coin du salon, de grimper ces escaliers pour atteindre la chambre qu’elle partageait avec Cassandra. Quant à la table sur laquelle elle écrivait ses romans, minuscule petite pièce de bois octogonale qui a vu naître ses héroïnes immortelles, elle suscite chez le visiteur émotion et intimidation… C’est ici que tout a commencé.
Ne reste plus qu’à déambuler dans le large jardin qui entoure la propriété, à contempler ces paysages qui lui étaient familiers, à marcher sur ces chemins qu’elle arpentait pour se rendre à Alton, la ville marchande la plus proche, pour se sentir vraiment chez elle, pour respirer l’atmosphère qu’elle a su créer.
Et cette immersion dans l’univers de Jane Austen n’est pas terminée: au programme aujourd’hui, balade dans la campagne environnante, qu’elle-même aimait à explorer. Puis, demain et ces prochains jours, cap sur Basingstoke, et plus précisément Steventon, le village où elle est née. Affaire à suivre, donc!

16.09.2008

Anecdotes 3

En images, cette fois. Un petit clin d'oeil pour les fans des Monty Pythons

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Une photo prise au détour d'un chemin...

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Et une image rien que pour Marlyse!

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Carnet de randonnée

Buriton, 13.09.08

Aïe! Mes jambes, mes pieds, mon dos… Tout mon corps me fait souffrir! Mais je dois dire que j’ai traversé des paysages superbes aujourd’hui. De vastes étendues vertes et vallonnées, tachetées de vaches et de moutons. La quintessence de la campagne anglaise. Mais aussi quelques champs cultivés, quelques lignées d’arbres, quelques forêts… Voilà le tableau dans lequel j’ai évolué. Ah, et on peut dire tout ce qu’on veut sur le temps anglais, l’avantage avec ces nuages qui traversent constamment le ciel, c’est que le soleil diffuse ainsi une lumière très particulière qui éclaire des points choisis de l’horizon… Et ces petits villages avec leurs cottages de pierre et leurs toits de chaume, leurs églises vieilles de 900 ans, leur inévitable croix sur la place principale, rendant hommage aux morts des deux guerres mondiales…

Highlight de la journée: le troupeau (ou plutôt le tas) de vaches plantés devant la barrière que je devais franchir.

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On aurait dit qu’elles l’avaient fait exprès!

Highlight d’hier: les magnifiques couleurs du ciel et de l’herbe…juste avant qu’une pluie torrentielle ne s’abatte sur ma tête! Pour faire bientôt place à la grêle… Merci à l’arbre qui m’a protégée!

Selborne, 14.09.08

Une journée riche en aventures!

Premier épisode: les orties. Et oui, elles peuplent aussi la campagne anglaise. Elles sont tout aussi insidieuses et sournoises qu’ailleurs. Et comme il a beaucoup plu ces dernières semaines, elles sont hautes, très hautes… Elles semblent adorer les bords des chemins. Mon premier jour de marche, j’avais déjà renoué avec cette douloureuse sensation de brûlure qui m’a renvoyée directement à mon enfance. Mais aujourd’hui, c’était le bouquet (c’est le cas de le dire!) En essayant d’éviter la gadoue (autre charme des chemins anglais après la pluie), je joue les équilibristes sur les pierres et les buches placées là pour simplifier la vie du promeneur, et me tenant fermement à la barrière de bois qui longe le chemin. Evidemment, je ne regarde que mes pieds: il ne s’agit pas de tomber! Soudain, une vive (très!) sensation de brûlure transperce ma main: je viens de la poser sur une ortie délicatement posée sur la barrière…

Deuxième épisode: 1ère chute. Rien de très grave, je m’étais trompée de route. Un peu trop escarpée, la piste choisie! Je manque de tomber à la montée et décide – sagement – de rebrousser chemin. Pour me retrouver finalement sur les fesses!

Troisième épisode: lost! La plupart du temps, le chemin est bien indiqué. La plupart du temps, la carte est suffisamment détaillée. La plupart du temps, je peux me fier à mon sens de l’orientation. La plupart du temps… Pas cette fois. Heureusement, après un léger détour (je ne comprends toujours pas comment j’ai pu me retrouver là), je tombe sur une route et rejoins le chemin officiel.

Quatrième épisode: 2ème chute… dans la boue, cette fois! Je crois que ça se passe de commentaires…

Cinquième épisode: la chute de la barrière. J’arrive à l’entrée d’un champ, comme d’habitude, il y a une barrière que l’on prend garde à refermer derrière soi. Je l’ouvre… et elle s’abat sur le sol! Je n’ai rien fait, je le jure! Après m’être battue avec elle pour la remettre en place, je reprends mon chemin en me demandant si décidemment, je ne suis pas filmée aujourd’hui…

11.09.2008

Glorieuse Winchester

Une promenade dans le passé. Voilà ce que Winchester propose à ses visiteurs. Nul besoin de chercher: chaque coin de rue, chaque pierre, chaque monument, raconte sa glorieuse histoire, témoigne de son illustre destinée. Véritable musée – grandeur nature, s’il vous plaît! – son High Street concentre davantage de reliques, dit-on, que toute autre rue de Grande-Bretagne. Certaines devantures de magasin semblent avoir toujours existé. Du haut de son socle, le roi saxon Alfred le Grand contemple fièrement son ancienne capitale, bâtie sur une terre autrefois occupée par les Romains. Ce sont eux, d’ailleurs, qui ont déplacé le cours de la rivière Itchen pour étendre leur domaine. Des murs qui encerclaient leur ville, il ne reste aujourd’hui que quelques ruines. Partout ailleurs, les bâtiments rivalisent de longévité: un hôpital construit au 12ème siècle, une cathédrale normande qui fut un temps l’une des plus importantes du pays, un moulin qui tourne depuis près de mille ans... Plus «récent», le collège de Winchester fut quant à lui fondé en 1382. Il accueillait à l’époque 70 élus: ce nombre n’a pas changé. Une visite des lieux nous transporte à une autre époque, celle où les élèves prenaient leur repas sur de longues tables de bois dans un réfectoire surplombé par l’estrade des maîtres. Celle où ils portaient de longues vestes noires, comme ce collégien pressé qui se hâte vers la grille de l’ancien cloître… Diable, aurions-nous remonté le temps? Difficile à dire, dans cette cité…

09.09.2008

Winchester

Arrivee a Winchester hier, j'y resterai jusqu'a vendredi. Puis je reprendrai la route, a pied cette fois, pour quatre jours de randonnee. Esperons que le temps s'arrange d'ici la! Je tacherai de publier une autre note avant le grand depart.

The New Forest

04.09.08
Arrivée à Lyndhurst. Un peu déçue au premier abord. Beaucoup de voitures et, d’après le personnel de l’office de tourisme, peu de transports en commun en dehors des mois d’été (jusqu’à preuve du contraire, septembre est encore en été, m’enfin…). Je vous entends déjà (surtout un, il se reconnaîtra) me dire: «Tu vois, si tu avais ton permis, ce serait beaucoup plus facile.» Soit. N’empêche que tous les guides de la région encouragent les visiteurs à venir en train ou en bus et prétendent qu’il y a beaucoup d’autres moyens de se déplacer dans la forêt. Tu parles! Impossible par exemple de se rendre à Beaulieu – qui se trouve seulement à 7 miles de Lyndhurst et qui abrite une abbaye que je voulais visiter – à moins de changer deux fois de bus… Heureusement, une balade près du village me permet de découvrir un magnifique panorama: un open land, comme ils les appellent, mélange de bruyères, de fleurs sauvages, d’arbres isolés sur une vaste étendue de collines. Vaches, poneys et chevaux y circulent en toute liberté – une des particularités de la forêt qui remonte à Guillaume le Conquérant. Dommage que l’on entende autant le bruit des voitures qui longent ce petit paradis naturel…

05.09.08
Ils l’avaient annoncée, ils ne s’étaient pas trompés: la pluie est au rendez-vous aujourd’hui. Et à en croire la couleur du ciel, c’est parti pour la journée. J’avais prévu le coup: muni de mon roman («The Forest», qui raconte l’histoire de la forêt à travers les siècles), je prends le bus pour le village de Burley. Une sorcière (magie blanche, rassurez-vous!) y a habité dans les années 50. Depuis, plusieurs petits magasins dédiés à la sorcellerie ont éclos ici et là, ce qui n’est pas pour me déplaire. Le plus intéressant se situe dans la maison où cette fameuse sorcière a vécu. L’atmosphère, lourde d’encens et de musique mystique, est ensorcelante et je passe un agréable moment à chiner dans les rayons: entre arnaques pour touriste et objets troublants – je vous promets que ce pendule bougeait tout seul quand je posais mes questions – on trouve de tout dans ce genre de boutique.
L’après-midi, miracle, le soleil fait son apparition. Vite, vite, profitons-en! Me voilà à nouveau dans cet open land, mais cette fois, point de bruit de voitures. Seuls en piste: la nature, moi… et le vent! Je me sens bien petite, presque intimidée, lorsque je l’entends souffler de toute sa violence dans les quelques arbres que je croise sur mon chemin.

06.09.08 – 07.09.08
Puisque le temps et le manque de transports en commun ne permettent pas vraiment de profiter pleinement la forêt, je décide de consacrer ces deux journées à un attrait de la région: la côte. Découverte en premier lieu de Lymington, ce petit port connu autrefois la contrebande. Un amour de petit port – un des endroits les plus photographiés du coin, dit-on: on comprend pourquoi – avec ses rues pavées, ses échoppes, son marché. Très agréable après-midi, malgré l’occasionnelle pluie, à déambuler dans ce village et à visiter le musée St Barbe, qui en retrace l’histoire.
Deuxième journée, cap sur Barton on Sea. Rien que le nom m’évoque mes romans préférés… Station balnéaire typique, on imagine sans peine les héroïnes d’Edith Warton ou Jane Austen arpenter, mélancoliques et solitaires, les chemins qui longent les falaises. Longue alignées de maisons blanches, cabanons sur la plage (mais où sont donc ces dames en combinaisons de bain rayées rouges et blanches que l’on peut admirer sur de vieilles photos…?), mer agitée: le décor est planté. La pluie étant en congé aujourd’hui, je décide de marcher le long de la côte. Et de fil et aiguille, de champs de vaches en falaises escarpées, je me retrouve au village suivant: Milford on Sea. Après une courte visite du château de Hurst, qui a servi durant la dernière guerre, je poursuis ma route dans un parc naturel où batifolent des oiseaux de toutes sortes, des veaux, des poulains et leurs mères. Mais l’heure tourne et si je ne me dépêche pas, je vais louper le dernier bus pour mon B&B! J’abrège donc les séances photo (une dernière, juste encore celle-ci) et j’arrive… juste à temps!

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