23.09.2008
Looking for Jane... again!
Deux nouveaux épisodes de mes aventures austiniennes! Hier, après avoir essayé de prendre un bus qui m’amènerait directement à Steventon… et avoir attendu en vain (je n’ai toujours pas compris, il n’y a pourtant qu’un arrêt de bus à la gare), j’ai opté pour une autre solution, tout aussi agréable: me rendre d’abord à Deane, un petit village des environs, et marcher jusqu’à Steventon, en coupant à travers champs. Voilà une bonne manière de me familiariser avec les paysages connus de Jane Austen. Une occasion supplémentaire de me plonger dans son monde et dans celui de ses héroïnes. Car si elle a attendu d’être à Chawton pour publier ses romans, elle avait écrit la première version de Raison et sentiments et Orgueil et préjugés alors qu’elle vivait encore à Steventon. Est-ce dans cette campagne qu’elle a imaginé la longue marche d’Elizabeth de Longbourn à Netherfield pour se rendre au chevet de sa sœur malade? Serait-ce la colline où Marianne se foule la cheville avant d’être «sauvée» par Willoughby? (Désolée, ces références sont réservées à ceux qui ont lu les romans… Les autres, à vos bouquins!)
Enfin, je me retrouve à Steventon et me dirige vers l’église dans laquelle officiait le père de Jane. Une petite église de campagne, près d’un imposant if, vieux de plus de 1000 ans. Les pasteurs avaient pris l’habitude de cacher la clé de la bâtisse dans un creux de l’arbre: elle a malheureusement disparu il y a quelques années.
A l’intérieur de l’église, le silence est de mise. Par respect, si ce n’est pour le seigneur des lieux, pour le Dieu de la littérature, qui a accueilli en ces murs l’un des écrivains les plus connus de sa génération. Une auteure qui continue aujourd’hui de déclencher des passions. L’église est charmante au demeurant. Petite, paisible, traversée par les rayons du soleil.
Plus loin, à quelques centaines de mètres, le champ où se trouvait le presbytère de la famille Austen. Du bâtiment, plus rien ne demeure. Seul un tilleul, planté à l’époque par l’un des frères de Jane, témoigne de son passage ici. Le petit village de Steventon, quant à lui, n’a pas beaucoup évolué depuis le 19ème siècle. Quelques cottages, beaucoup de champs.
Aujourd’hui, ma balade au pays de Jane Austen a dépassé mes attentes. Non seulement je me suis retrouvée au 19ème siècle, mais j’ai également rendu une petite visite à Henry VIII (oui, celui qui a fait exécuter la plupart de ses épouses…) et à Elizabeth Ière. La maison que j’ai visitée, The Vyne, a en effet accueilli en son temps rois et reines, lorsqu’elle appartenait à un gentilhomme de la cour. Avant de tomber entre les mains, quelques siècles plus tard, d’une famille proche des Austen. Jane s’est donc souvent rendue ici. On prétend même que la fille adoptive du propriétaire lui aurait inspiré le personnage principal de son roman Mansfield Park. Moi-même, en arpentant les chemins qui mènent à la maison, en admirant le parc, le lac, les bois à l’horizon, je ne peux m’empêcher de me prendre pour Elizabeth Bennet lors de sa première visite à Pemberley (encore une référence à un roman, désolée…). Lost in Austen… C’est le titre d’une nouvelle série qui passe actuellement sur les chaines anglaises et qui raconte l’histoire d’une fille de notre époque projetée dans Orgueil et préjugés. Voilà tout à fait mon sentiment en ce moment: lost in Austen…
(Des nouvelles photos à découvrir dans l'album Looking for Jane...)
19:22 Publié dans Récit | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16.09.2008
Carnet de randonnée
Buriton, 13.09.08
Aïe! Mes jambes, mes pieds, mon dos… Tout mon corps me fait souffrir! Mais je dois dire que j’ai traversé des paysages superbes aujourd’hui. De vastes étendues vertes et vallonnées, tachetées de vaches et de moutons. La quintessence de la campagne anglaise. Mais aussi quelques champs cultivés, quelques lignées d’arbres, quelques forêts… Voilà le tableau dans lequel j’ai évolué. Ah, et on peut dire tout ce qu’on veut sur le temps anglais, l’avantage avec ces nuages qui traversent constamment le ciel, c’est que le soleil diffuse ainsi une lumière très particulière qui éclaire des points choisis de l’horizon… Et ces petits villages avec leurs cottages de pierre et leurs toits de chaume, leurs églises vieilles de 900 ans, leur inévitable croix sur la place principale, rendant hommage aux morts des deux guerres mondiales…
Highlight de la journée: le troupeau (ou plutôt le tas) de vaches plantés devant la barrière que je devais franchir.
On aurait dit qu’elles l’avaient fait exprès!
Highlight d’hier: les magnifiques couleurs du ciel et de l’herbe…juste avant qu’une pluie torrentielle ne s’abatte sur ma tête! Pour faire bientôt place à la grêle… Merci à l’arbre qui m’a protégée!
Selborne, 14.09.08
Une journée riche en aventures!
Premier épisode: les orties. Et oui, elles peuplent aussi la campagne anglaise. Elles sont tout aussi insidieuses et sournoises qu’ailleurs. Et comme il a beaucoup plu ces dernières semaines, elles sont hautes, très hautes… Elles semblent adorer les bords des chemins. Mon premier jour de marche, j’avais déjà renoué avec cette douloureuse sensation de brûlure qui m’a renvoyée directement à mon enfance. Mais aujourd’hui, c’était le bouquet (c’est le cas de le dire!) En essayant d’éviter la gadoue (autre charme des chemins anglais après la pluie), je joue les équilibristes sur les pierres et les buches placées là pour simplifier la vie du promeneur, et me tenant fermement à la barrière de bois qui longe le chemin. Evidemment, je ne regarde que mes pieds: il ne s’agit pas de tomber! Soudain, une vive (très!) sensation de brûlure transperce ma main: je viens de la poser sur une ortie délicatement posée sur la barrière…
Deuxième épisode: 1ère chute. Rien de très grave, je m’étais trompée de route. Un peu trop escarpée, la piste choisie! Je manque de tomber à la montée et décide – sagement – de rebrousser chemin. Pour me retrouver finalement sur les fesses!
Troisième épisode: lost! La plupart du temps, le chemin est bien indiqué. La plupart du temps, la carte est suffisamment détaillée. La plupart du temps, je peux me fier à mon sens de l’orientation. La plupart du temps… Pas cette fois. Heureusement, après un léger détour (je ne comprends toujours pas comment j’ai pu me retrouver là), je tombe sur une route et rejoins le chemin officiel.
Quatrième épisode: 2ème chute… dans la boue, cette fois! Je crois que ça se passe de commentaires…
Cinquième épisode: la chute de la barrière. J’arrive à l’entrée d’un champ, comme d’habitude, il y a une barrière que l’on prend garde à refermer derrière soi. Je l’ouvre… et elle s’abat sur le sol! Je n’ai rien fait, je le jure! Après m’être battue avec elle pour la remettre en place, je reprends mon chemin en me demandant si décidemment, je ne suis pas filmée aujourd’hui…
10:23 Publié dans Récit | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
09.09.2008
The New Forest
04.09.08
Arrivée à Lyndhurst. Un peu déçue au premier abord. Beaucoup de voitures et, d’après le personnel de l’office de tourisme, peu de transports en commun en dehors des mois d’été (jusqu’à preuve du contraire, septembre est encore en été, m’enfin…). Je vous entends déjà (surtout un, il se reconnaîtra) me dire: «Tu vois, si tu avais ton permis, ce serait beaucoup plus facile.» Soit. N’empêche que tous les guides de la région encouragent les visiteurs à venir en train ou en bus et prétendent qu’il y a beaucoup d’autres moyens de se déplacer dans la forêt. Tu parles! Impossible par exemple de se rendre à Beaulieu – qui se trouve seulement à 7 miles de Lyndhurst et qui abrite une abbaye que je voulais visiter – à moins de changer deux fois de bus… Heureusement, une balade près du village me permet de découvrir un magnifique panorama: un open land, comme ils les appellent, mélange de bruyères, de fleurs sauvages, d’arbres isolés sur une vaste étendue de collines. Vaches, poneys et chevaux y circulent en toute liberté – une des particularités de la forêt qui remonte à Guillaume le Conquérant. Dommage que l’on entende autant le bruit des voitures qui longent ce petit paradis naturel…
05.09.08
Ils l’avaient annoncée, ils ne s’étaient pas trompés: la pluie est au rendez-vous aujourd’hui. Et à en croire la couleur du ciel, c’est parti pour la journée. J’avais prévu le coup: muni de mon roman («The Forest», qui raconte l’histoire de la forêt à travers les siècles), je prends le bus pour le village de Burley. Une sorcière (magie blanche, rassurez-vous!) y a habité dans les années 50. Depuis, plusieurs petits magasins dédiés à la sorcellerie ont éclos ici et là, ce qui n’est pas pour me déplaire. Le plus intéressant se situe dans la maison où cette fameuse sorcière a vécu. L’atmosphère, lourde d’encens et de musique mystique, est ensorcelante et je passe un agréable moment à chiner dans les rayons: entre arnaques pour touriste et objets troublants – je vous promets que ce pendule bougeait tout seul quand je posais mes questions – on trouve de tout dans ce genre de boutique.
L’après-midi, miracle, le soleil fait son apparition. Vite, vite, profitons-en! Me voilà à nouveau dans cet open land, mais cette fois, point de bruit de voitures. Seuls en piste: la nature, moi… et le vent! Je me sens bien petite, presque intimidée, lorsque je l’entends souffler de toute sa violence dans les quelques arbres que je croise sur mon chemin.
06.09.08 – 07.09.08
Puisque le temps et le manque de transports en commun ne permettent pas vraiment de profiter pleinement la forêt, je décide de consacrer ces deux journées à un attrait de la région: la côte. Découverte en premier lieu de Lymington, ce petit port connu autrefois la contrebande. Un amour de petit port – un des endroits les plus photographiés du coin, dit-on: on comprend pourquoi – avec ses rues pavées, ses échoppes, son marché. Très agréable après-midi, malgré l’occasionnelle pluie, à déambuler dans ce village et à visiter le musée St Barbe, qui en retrace l’histoire.
Deuxième journée, cap sur Barton on Sea. Rien que le nom m’évoque mes romans préférés… Station balnéaire typique, on imagine sans peine les héroïnes d’Edith Warton ou Jane Austen arpenter, mélancoliques et solitaires, les chemins qui longent les falaises. Longue alignées de maisons blanches, cabanons sur la plage (mais où sont donc ces dames en combinaisons de bain rayées rouges et blanches que l’on peut admirer sur de vieilles photos…?), mer agitée: le décor est planté. La pluie étant en congé aujourd’hui, je décide de marcher le long de la côte. Et de fil et aiguille, de champs de vaches en falaises escarpées, je me retrouve au village suivant: Milford on Sea. Après une courte visite du château de Hurst, qui a servi durant la dernière guerre, je poursuis ma route dans un parc naturel où batifolent des oiseaux de toutes sortes, des veaux, des poulains et leurs mères. Mais l’heure tourne et si je ne me dépêche pas, je vais louper le dernier bus pour mon B&B! J’abrège donc les séances photo (une dernière, juste encore celle-ci) et j’arrive… juste à temps!
17:11 Publié dans Récit | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note










